Praslin – Seychelles

J’étais assez curieux de m’installer momentanément sur cet archipel que l’on m’avait maintes fois vanté comme un paradis.
Il fallait aussi, pour lever tout doute possible, que je vérifie que la destination que nous avions choisie comme future résidence n’était pas remise en cause par une révélation inattendue.

Les Seychelles sont un véritable microcontinent et le seul endroit du monde où l’on trouve les légendaires coco fesses. Il n’y a pas de cyclones, la végétation est luxuriante, l’eau y est pure et profondément bleue, rien n’y semble bien grave, même s’il pleut quelques mois par an.
Sa réputation de destination inabordable est vraiment usurpée. En se contentant d’Air BnB et de nourriture locale c’est bien moins cher que l’Europe.

Je file directement à Praslin, laissant derriere moi Mahé, l’île principale et la plus fréquentée, coincé dans le fuselage étroit d’un petit bi-moteur vrombissant d’île en île, comme un gros insecte butineur. 

A Praslin, on ne trouve pas de praliné, comme on trouve des vahinés à Tahiti. Mais il y a la vallée de Mai; une forêt de coco de mer préservée, de bons poissons frais comme le vivaneau vert que l’on nomme ici Job, et de savoureux curry de pieuvre ou de chauve souris au lait de coco. Sans oublier, pour rester parfaitement hydraté sous la bonne trentaine de degrés sub équatoriale, la Seybrew, rafraîchissante bière locale.

Outre les courses dans les petites boutiques indiennes surchauffées où l’on s’interroge sur la chaîne du froid en regardant les cristaux de glace sur la vitre bouillante des congélateurs, l’épicerie Whole Foods tenue par nos hôtes est devenue notre principal pourvoyeur de gateaux à la banane et de cafés frappés.

Pour trouver du poisson pour le barbecue du soir, nul besoin d’aller le pêcher si vous avez du travail en cours à l’ombre d’un palmier, il suffit de le demander au  jardinier de la propriété, et après une discussion en créole avec les pêcheurs sur la plage, le revoici une heure après avec 3 magnifiques vivaneaux à peine sortis de l’eau, nettoyés et prêts à griller.

Comme tout bon touriste j’ai eu bien des difficultés à trouver la fameuse anse Georgette, que l’on pense pouvoir rejoindre par ce chemin de montagne abrupt à l’extrémité nord de lîle, au risque de gâcher le reste du voyage avec une cheville croquée. L’astuce, c’est de négocier avec l’hotel constance Lémuria, et de passer par son golf.

Et plutôt que de moquer les touristes que je croisais, avec leurs chaussures de marche Décathlon multicolores alors que je fais mes randonnées exploratoires en tongs, je l’avoue, j’aurais mieux fait de me méfier de cet épouvantable scolopendre qui s’est fait un délice de ma délicate cheville.

Un frisson me parcoure avant de me mettre à l’eau à l’Anse Lazio, quand j’imagine cet homme de mon âge littéralement coupé en deux par l’attaque féroce d’un requin, devant sa jeune mariée, il y a quelques années.

Advienne que pourra, j’ai bien survécu à la morsure vicieuse du scolopendre.

 
Auparavant j’avais étudié un peu la possibilité d’une implantation dans ces îles.

La constitution d’une société est simple, la fiscalité absente, un permis de résidence coute $3500 et s’obtient sans difficulté.
Les grandes villes les plus proches sont Dubaï et Johannesburg, et c’est à minimum 4h de vol, et ce ne sont pas vraiment de grands marchés du digital. A moins de faire l’essentiel des affaires avec l’Afrique, ce n’est pas pour moi une base idéale.
Internet n’est pas vraiment rapide, en tout cas dans les endroits ou j’ai pu l’expérimenter… à Mahé c’est peut-être mieux.

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